TéléMoustique n°4373 du 01/09/2010
Sarah Turine: l'interview découverte
Actu-Société
Rock'n'roll et baroudeuse, la nouvelle coprésidente d'Ecolo est une femme politique atypique. Interview-découverte.
Je parle l'anglais et l'arabe. Je me débrouille en néerlandais.
A côté du psychodrame Reynders au MR et de l'interminable succession de Joëlle Milquet au CDH, ceci est une incongruité: ce vendredi, la nouvelle (co)présidente d'Ecolo sera désignée dans la quiétude. C'est que, chez les Verts, la règle est simple: le cumul est interdit. Depuis qu'elle a été élue eurodéputée, Isabelle Durant doit être remplacée à la tête bicéphale du parti. Et puisque Jean-Michel Javaux est mâle et Wallon, ce sera donc une femme bruxelloise. De plus, il ne s'agit pas ici de l'élection d'un nouveau binôme présidentiel, prévue pour 2011, mais d'un remplacement à durée déterminée (et plus si affinités). Il suffisait donc à "JMJ" de trouver la perle rare. Et au Conseil de Fédération d'Ecolo d'entériner sa désignation. Ce qui ne fait pas un pli.
C'est même un secret de Polichinelle: depuis une demi-année, Sarah Turine, 36 ans, est la favorite de tous. Malgré ou grâce à sa jeunesse, elle est l'Ecolo qui monte à Bruxelles. Les cadres du parti ne sont pas sots: mettre dans la lumière une jeune pousse élargit le cercle des "vedettes" électorales vertes. Et, tant qu'à faire, autant aller la chercher dans les quartiers populaires de Bruxelles, où le sillon écologiste a plus de mal à se creuser. Parfait: Sarah Turine est conseillère communale à Molenbeek, où elle élève par ailleurs ses deux garçons, des jumeaux de huit ans et demi. Depuis quelques mois, elle est aussi députée bruxelloise. Mandat qu'elle devra abandonner. Pas de cumul, on disait.
Moins de cinq ans après être entrée en politique, la nouvelle patronne des Verts a-t-elle déjà la carrure "nationale"? Personne n'a le moindre doute chez les écolos. A écouter les commentaires, Sarah Turine a tout pour plaire: elle a "du plomb dans la cervelle", de la conviction "à revendre", une capacité d'organisation "énorme" et, ce qui ne gâche rien, "des yeux revolver". Petit supplément: Sarah Turine n'est pas une femme politique comme les autres. Vraiment pas.
Si vous deviez vous présenter, qu'est-ce qui vous viendrait d'abord à l'esprit?
Sarah Turine. - Je me sens véritablement belge. J'ai une grand-maman flamande, je suis née à Bruxelles dans une famille francophone disons "intello post-soixante-huitarde". Mon père dirige un institut pour malades mentaux et maman est psychanalyste. Ils sont séparés. J'ai un frère et un demi-frère. J'ai grandi cinq ans à Watermael-Boitsfort, puis quinze ans à Moustier-sur-Sambre, pile entre Namur et Charleroi. Après des études à Louvain-la-Neuve, je suis partie quelques années à l'étranger pour finalement atterrir à Molenbeek. J'y tiens beaucoup, à ce mélange très belge, ça me permet d'appréhender les réalités bruxelloises comme wallonnes, tout en étant sensible aux néerlandophones.
Quand vos amis d'Ecolo vous décrivent, un qualificatif revient souvent: "atypique".
Ma formation est inhabituelle pour le monde politique, où on retrouve beaucoup de juristes, d'économistes ou de politologues. J'ai fait de l'histoire de l'art et de la musique. Et je me suis longtemps méfiée de la politique. Mon engagement par rapport à notre société s'exprimait par la voie associative, chez Oxfam-Solidarité, où j'ai travaillé à partir de 2001. Puis il y a eu un déclic. Je me suis dit: c'est bien beau l'associatif, mais si on veut des changements, on ne peut pas se passer du politique. Plutôt que de le critiquer, il faut y aller. C'est comme ça qu'en septembre 2003, alors que je venais de m'installer à Molenbeek, j'ai téléphoné à la locale Ecolo, pour devenir simple sympathisante. Je n'ai pris la carte du parti qu'en janvier 2005.
Moins de cinq ans plus tard, vous voila coprésidente du parti. Vous seriez un peu fonceuse?
Autant j'envisage les choix politiques sur le long terme, autant je saisis ce qu'on me propose sans trop hésiter, c'est vrai. Au départ, j'ai bénéficié d'une circonstance malheureuse: à Molenbeek, la personne qui devait être tête de liste Ecolo aux communales 2006 est décédée. On s'est donc tourné vers moi et, il y a pile trois ans, j'ai été élue conseillère communale. Du coup, Christos Doulkeridis m'a proposé d'entrer dans son équipe du secrétariat régional bruxellois, qui joue un rôle important en interne. Je pense que c'est ce rôle-là qui a fait qu'on a pensé à moi pour la coprésidence.
Autre qualificatif: vous êtes "baroudeuse". Vous avez habité en Palestine. Pour y faire quoi?
Au départ, je voulais faire une thèse de doctorat en histoire de l'art sur l'architecture musulmane. Mais pour ça, je devais mieux maîtriser l'arabe, que j'avais appris en faisant de l'islamologie. J'ai donc postulé au consulat français à Naplouse, en Cisjordanie, et on m'a engagée pour aider à la mise sur pied d'un musée de la tradition palestinienne. Je partais pour six mois. Mais là, dans le contexte palestinien, j'ai trouvé un peu indécent de travailler sur le passé. Donc j'ai laissé tomber ma thèse et je suis restée un an de plus en Palestine, où j'ai enseigné le français.
Vous avez partagé ce sentiment d'injustice que vivent les Palestiniens au quotidien?
J'y étais entre 1997 et 1999, une période assez calme. Mais on voit des choses dures. J'ai passé des check-points avec des amis palestiniens qui avaient des papiers en règle. Malgré cela, ils subissaient un traitement dégradant. Et c'est encore bien pire maintenant. Ce qu'on ressent très durement sur place, c'est que la situation ne fait que se dégrader. L'espoir est absent.
Vous pouvez me dire: "Je vais être coprésidente d'Ecolo" en arabe?
(Elle s'exécute.) Là, je vous ai parlé en dialecte, qui n'existe qu'oralement. Si je devais vous l'écrire, il faudrait que je le fasse en arabe classique.
Parler l'arabe vous aide à Molenbeek?
Pas réellement. Quand il m'arrive de répondre à certaines personnes en arabe, elles sont étonnées. Cela dit, cette langue est complexe: ce n'est pas du tout le même dialecte qui est parlé par les populations immigrées du Maghreb et en Palestine. En revanche, ma connaissance de la culture arabo-musulmane m'aide à comprendre certaines attitudes des populations immigrées, et à en être moins inquiète que d'autres.
[...]
Un autre qualificatif revient souvent à votre propos: vous seriez très "indépendante". Vrai?
Oui. Même si je suis très collective dans ma manière de fonctionner, j'aime que la position que je prends soit le fruit d'une réflexion personnelle. Par rapport à l'échiquier politique, c'est un peu la même chose. Je suis fondamentalement de gauche, aucun doute là-dessus. Mais pour moi, être de gauche, ça ne veut pas dire refuser de collaborer avec une autre force ou qu'il faille systématiquement s'associer au PS. Tout dépend des opportunités, des rapports de force. Le système belge est celui de la proportionnelle, donc des coalitions. Acceptons-en les règles.
Il paraît qu'à Molenbeek, vous êtes la seule à faire trembler le bourgmestre Philippe Moureaux, qui n'a pas l'habitude qu'on le contredise.
Avec trois conseillers, Ecolo est le seul parti de l'opposition démocratique dans cette commune. C'est notre rôle de mettre en doute la majorité. Mais nos critiques se font toujours sur le fond des dossiers. Philippe Moureaux l'a d'ailleurs reconnu dans une lettre de félicitations à mon égard.
"Spontanéité, fraîcheur d'esprit, opposante rigoureuse, contestant ma politique sur des dossiers de fond avec de plus en plus de talent, choix très intelligent de la part d'Ecolo". Ce n'est pas souvent que Moureaux lance autant de fleurs!
J'ai été très surprise. Peut-être qu'il a quelque chose à me demander! (Rire.)
A côté de votre engagement politique, êtes-vous écologiste au quotidien?
Oui. Et depuis bien avant mon engagement en politique. Je n'ai pas de voiture, je fonctionne en transports en commun ou à vélo. Et je viens d'acheter un Solex électrique. (Rire.) Mais je ne suis pas une extrémiste. Les transports en commun, c'est facile quand on vit à Bruxelles. Si j'habitais en Wallonie, je serais certainement obligée d'avoir une voiture. Pour mes nouvelles fonctions, si je dois aller à Liège ou à Arlon, je vais fonctionner avec le système de partage de voitures "Cambio".
Combien coûte un pain?
(Directe.) 1,25 euro. Sur l'alimentaire, je fonctionne un maximum par les filières courtes: j'achète toutes les deux semaines des paniers de légumes de saison chez un producteur de Wellin. Et je me fournis en viande chez un producteur de Gaume, qui vient tous les quatre mois faire ses livraisons à Bruxelles. C'est devenu une habitude assez facile.
Commentaire d'un Ecolo à votre propos: "Et en plus, elle est vraiment jolie!"
Vous savez quoi? Je m'en fiche! Je ne me suis jamais préoccupée de ça. Mais ça fait partie du jeu, semble-t-il. Donc, depuis quelque temps, je fais des efforts vestimentaires. Je mets des jupes et des chaussures à talons. Et ce qui est injuste, c'est que peu de monde le remarque! (Rire.)
Il paraît que vous aimez la fiesta et la bière.
Une bière de temps en temps, oui. Mais je préfère le vin. Mais c'est vrai, les petites fêtes avec des potes, j'adore!
Vous avez un fantasme politique?
Plutôt une utopie. Le rêve, ce serait qu'un jour un jeune me dise: "Moi, plus tard, je ferai de la politique parce que je veux mieux faire fonctionner la société". Si ça arrive, ça voudra dire que les citoyens peuvent s'emparer "avec plaisir" de la politique. Donc que les femmes et les hommes politiques ne sont pas isolés dans les sphères du pouvoir, déconnectés de la réalité. Pour moi, les politiques doivent rester citoyens et les citoyens, être politiques.
Vincent Peiffer
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1 réaction
John
19-11-2009 09h10Bravo pour ce choix de la part d'Ecolo et bravo pour cet engagement! Pourvu que de nombreuses personnes découvrent les vraies valeurs de la vie et de la société...
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C'est même un secret de Polichinelle: depuis une demi-année, Sarah Turine, 36 ans, est la favorite de tous. Malgré ou grâce à sa jeunesse, elle est l'Ecolo qui monte à Bruxelles. Les cadres du parti ne sont pas sots: mettre dans la lumière une jeune pousse élargit le cercle des "vedettes" électorales vertes. Et, tant qu'à faire, autant aller la chercher dans les quartiers populaires de Bruxelles, où le sillon écologiste a plus de mal à se creuser. Parfait: Sarah Turine est conseillère communale à Molenbeek, où elle élève par ailleurs ses deux garçons, des jumeaux de huit ans et demi. Depuis quelques mois, elle est aussi députée bruxelloise. Mandat qu'elle devra abandonner. Pas de cumul, on disait.
Moins de cinq ans après être entrée en politique, la nouvelle patronne des Verts a-t-elle déjà la carrure "nationale"? Personne n'a le moindre doute chez les écolos. A écouter les commentaires, Sarah Turine a tout pour plaire: elle a "du plomb dans la cervelle", de la conviction "à revendre", une capacité d'organisation "énorme" et, ce qui ne gâche rien, "des yeux revolver". Petit supplément: Sarah Turine n'est pas une femme politique comme les autres. Vraiment pas.
Si vous deviez vous présenter, qu'est-ce qui vous viendrait d'abord à l'esprit?
Sarah Turine. - Je me sens véritablement belge. J'ai une grand-maman flamande, je suis née à Bruxelles dans une famille francophone disons "intello post-soixante-huitarde". Mon père dirige un institut pour malades mentaux et maman est psychanalyste. Ils sont séparés. J'ai un frère et un demi-frère. J'ai grandi cinq ans à Watermael-Boitsfort, puis quinze ans à Moustier-sur-Sambre, pile entre Namur et Charleroi. Après des études à Louvain-la-Neuve, je suis partie quelques années à l'étranger pour finalement atterrir à Molenbeek. J'y tiens beaucoup, à ce mélange très belge, ça me permet d'appréhender les réalités bruxelloises comme wallonnes, tout en étant sensible aux néerlandophones.
Quand vos amis d'Ecolo vous décrivent, un qualificatif revient souvent: "atypique".
Ma formation est inhabituelle pour le monde politique, où on retrouve beaucoup de juristes, d'économistes ou de politologues. J'ai fait de l'histoire de l'art et de la musique. Et je me suis longtemps méfiée de la politique. Mon engagement par rapport à notre société s'exprimait par la voie associative, chez Oxfam-Solidarité, où j'ai travaillé à partir de 2001. Puis il y a eu un déclic. Je me suis dit: c'est bien beau l'associatif, mais si on veut des changements, on ne peut pas se passer du politique. Plutôt que de le critiquer, il faut y aller. C'est comme ça qu'en septembre 2003, alors que je venais de m'installer à Molenbeek, j'ai téléphoné à la locale Ecolo, pour devenir simple sympathisante. Je n'ai pris la carte du parti qu'en janvier 2005.
Moins de cinq ans plus tard, vous voila coprésidente du parti. Vous seriez un peu fonceuse?
Autant j'envisage les choix politiques sur le long terme, autant je saisis ce qu'on me propose sans trop hésiter, c'est vrai. Au départ, j'ai bénéficié d'une circonstance malheureuse: à Molenbeek, la personne qui devait être tête de liste Ecolo aux communales 2006 est décédée. On s'est donc tourné vers moi et, il y a pile trois ans, j'ai été élue conseillère communale. Du coup, Christos Doulkeridis m'a proposé d'entrer dans son équipe du secrétariat régional bruxellois, qui joue un rôle important en interne. Je pense que c'est ce rôle-là qui a fait qu'on a pensé à moi pour la coprésidence.
Autre qualificatif: vous êtes "baroudeuse". Vous avez habité en Palestine. Pour y faire quoi?
Au départ, je voulais faire une thèse de doctorat en histoire de l'art sur l'architecture musulmane. Mais pour ça, je devais mieux maîtriser l'arabe, que j'avais appris en faisant de l'islamologie. J'ai donc postulé au consulat français à Naplouse, en Cisjordanie, et on m'a engagée pour aider à la mise sur pied d'un musée de la tradition palestinienne. Je partais pour six mois. Mais là, dans le contexte palestinien, j'ai trouvé un peu indécent de travailler sur le passé. Donc j'ai laissé tomber ma thèse et je suis restée un an de plus en Palestine, où j'ai enseigné le français.
Vous avez partagé ce sentiment d'injustice que vivent les Palestiniens au quotidien?
J'y étais entre 1997 et 1999, une période assez calme. Mais on voit des choses dures. J'ai passé des check-points avec des amis palestiniens qui avaient des papiers en règle. Malgré cela, ils subissaient un traitement dégradant. Et c'est encore bien pire maintenant. Ce qu'on ressent très durement sur place, c'est que la situation ne fait que se dégrader. L'espoir est absent.
Vous pouvez me dire: "Je vais être coprésidente d'Ecolo" en arabe?
(Elle s'exécute.) Là, je vous ai parlé en dialecte, qui n'existe qu'oralement. Si je devais vous l'écrire, il faudrait que je le fasse en arabe classique.
Parler l'arabe vous aide à Molenbeek?
Pas réellement. Quand il m'arrive de répondre à certaines personnes en arabe, elles sont étonnées. Cela dit, cette langue est complexe: ce n'est pas du tout le même dialecte qui est parlé par les populations immigrées du Maghreb et en Palestine. En revanche, ma connaissance de la culture arabo-musulmane m'aide à comprendre certaines attitudes des populations immigrées, et à en être moins inquiète que d'autres.
[...]
Un autre qualificatif revient souvent à votre propos: vous seriez très "indépendante". Vrai?
Oui. Même si je suis très collective dans ma manière de fonctionner, j'aime que la position que je prends soit le fruit d'une réflexion personnelle. Par rapport à l'échiquier politique, c'est un peu la même chose. Je suis fondamentalement de gauche, aucun doute là-dessus. Mais pour moi, être de gauche, ça ne veut pas dire refuser de collaborer avec une autre force ou qu'il faille systématiquement s'associer au PS. Tout dépend des opportunités, des rapports de force. Le système belge est celui de la proportionnelle, donc des coalitions. Acceptons-en les règles.
Il paraît qu'à Molenbeek, vous êtes la seule à faire trembler le bourgmestre Philippe Moureaux, qui n'a pas l'habitude qu'on le contredise.
Avec trois conseillers, Ecolo est le seul parti de l'opposition démocratique dans cette commune. C'est notre rôle de mettre en doute la majorité. Mais nos critiques se font toujours sur le fond des dossiers. Philippe Moureaux l'a d'ailleurs reconnu dans une lettre de félicitations à mon égard.
"Spontanéité, fraîcheur d'esprit, opposante rigoureuse, contestant ma politique sur des dossiers de fond avec de plus en plus de talent, choix très intelligent de la part d'Ecolo". Ce n'est pas souvent que Moureaux lance autant de fleurs!
J'ai été très surprise. Peut-être qu'il a quelque chose à me demander! (Rire.)
A côté de votre engagement politique, êtes-vous écologiste au quotidien?
Oui. Et depuis bien avant mon engagement en politique. Je n'ai pas de voiture, je fonctionne en transports en commun ou à vélo. Et je viens d'acheter un Solex électrique. (Rire.) Mais je ne suis pas une extrémiste. Les transports en commun, c'est facile quand on vit à Bruxelles. Si j'habitais en Wallonie, je serais certainement obligée d'avoir une voiture. Pour mes nouvelles fonctions, si je dois aller à Liège ou à Arlon, je vais fonctionner avec le système de partage de voitures "Cambio".
Combien coûte un pain?
(Directe.) 1,25 euro. Sur l'alimentaire, je fonctionne un maximum par les filières courtes: j'achète toutes les deux semaines des paniers de légumes de saison chez un producteur de Wellin. Et je me fournis en viande chez un producteur de Gaume, qui vient tous les quatre mois faire ses livraisons à Bruxelles. C'est devenu une habitude assez facile.
Commentaire d'un Ecolo à votre propos: "Et en plus, elle est vraiment jolie!"
Vous savez quoi? Je m'en fiche! Je ne me suis jamais préoccupée de ça. Mais ça fait partie du jeu, semble-t-il. Donc, depuis quelque temps, je fais des efforts vestimentaires. Je mets des jupes et des chaussures à talons. Et ce qui est injuste, c'est que peu de monde le remarque! (Rire.)
Il paraît que vous aimez la fiesta et la bière.
Une bière de temps en temps, oui. Mais je préfère le vin. Mais c'est vrai, les petites fêtes avec des potes, j'adore!
Vous avez un fantasme politique?
Plutôt une utopie. Le rêve, ce serait qu'un jour un jeune me dise: "Moi, plus tard, je ferai de la politique parce que je veux mieux faire fonctionner la société". Si ça arrive, ça voudra dire que les citoyens peuvent s'emparer "avec plaisir" de la politique. Donc que les femmes et les hommes politiques ne sont pas isolés dans les sphères du pouvoir, déconnectés de la réalité. Pour moi, les politiques doivent rester citoyens et les citoyens, être politiques.
Vincent Peiffer
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