TéléMoustique n°4332 du 10/03/2010
Un pape à l'extrême droite de Dieu?
Actu-Société
Au nom de l'unité des catholiques, le pape pardonne à des fidèles égarés au Front national. Et s'oppose à tout progressisme. Les croyants s'interrogent...
Si l'Eglise ne change pas de cap, il n'en restera qu'une grande secte.
Pour ne fâcher personne, on dira que Dieu est au centre. Ni de droite, ni de gauche. Mais où se situe aujourd'hui son Eglise? Le 24 janvier dernier, Benoît XVI a lancé ce que beaucoup de croyants interpréteront comme le plus mauvais des signaux. Au nom de l'unité des catholiques, le souverain pontife a réintégré quatre évêques intégristes, que le Vatican avait excommuniés en 1988. Début 2005, l'avènement du très conservateur cardinal allemand Josef Ratzinger à la tête de la curie romaine avait soulevé la crainte d'un retour à un dogmatisme des plus obtus au Vatican. Avec cette réhabilitation, celui que l'on surnommait le Panzercardinal vient de radicalement confirmer une tendance de plus en plus affirmée lors de ses quatre premières années de pontificat.
Le geste laisse d'abord perplexe. Les "rapatriés" sont issus de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Parmi eux, Mgr Williamson, évêque britannique, s'est récemment distingué en niant publiquement l'existence des chambres à gaz: "Je crois qu'il n'y a pas eu de chambres à gaz (...) Je pense que 200.000 à 300.000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz". Ajoutant au malaise, le pape a attendu quatre jours pour réaffirmer, au lendemain du 64e anniversaire de la libération d'Auschwitz, que l'on ne saurait "oublier, nier ou redimensionner" la Shoah. Mais sans se prononcer clairement, toutefois, sur la future place d'un personnage comme Mgr Williamson au sein de l'Eglise. Quant à ce dernier, certes, il s'est récemment excusé... Pour les "souffrances" causées au pape Benoît XVI par ses "remarques imprudentes".
Mais que l'on ne s'y trompe pas, même quand elles ne nient pas les heures sombres du nazisme, les brebis égarées de la Fraternité Pie X sont bien les moutons noirs du catholicisme. Fondé en Suisse par l'évêque français Mgr Lefebvre, ce cercle ultra rassemble 150.000 membres dans une trentaine de pays, au sein d'une mouvance national-catholique qui adhère, voire collabore, aux visées de l'extrême droite politique. A l'origine, la Fraternité fut créée en 1970, au moment du départ en croisade de Mgr Lefebvre contre l'introduction de la messe en langue usuelle, au détriment du latin. L'évêque y voyait une atteinte à la tradition, dont il s'estimait être le dernier défenseur. En 1988, la rupture était consommée. En nommant les quatre évêques aujourd'hui réhabilités sans l'autorisation de Jean-Paul II, Mgr Lefebvre provoquait un schisme avec le Vatican.
Rome vaut bien une messe en latin
Vingt ans plus tard, voilà donc les lefebvristes accueillis à bras ouverts. Dans l'intervalle, les célébrations en latin ont également été remises au goût du jour par décision papale, en 2007. Pour préserver son unité, Rome vaut bien une messe. Sauf que l'enjeu, pour Mgr Levebvre à l'époque ou pour Benoît XVI aujourd'hui, porte bien au-delà d'une quelconque querelle de langue morte. Il s'agit de ressusciter la foi catholique, dans un monde que le Vatican perçoit comme de plus en plus éloigné de ses racines chrétiennes et en proie à l'avancée de l'islam. Les intégristes de Saint-Pie X ne seront pas de trop. Avec leurs 180 séminaristes actuellement en formation, ils semblent les seuls en mesure de colmater la fuite des vocations dont souffre l'Eglise en Occident.
Après la mort du très charismatique Jean-Paul II, le cardinal élu Josef Ratzinger fut présenté comme un "pape de transition". Mais Benoît XVI, plutôt que de maintenir la ligne de son prédécesseur, l'a durcie et a pris la tête d'une Reconquista en brandissant l'étendard d'un christianisme musclé. A Rome, cette nouvelle croisade s'est d'abord traduite par la mise au pas de toute dissidence progressiste au sein des autorités ecclésiastiques. Hors la cité vaticane, le nouveau pape a encouragé les incursions au-delà de la séparation entre l'Etat et l'Eglise, en enjoignant explicitement ses troupes à influencer la vie publique et politique.
Il semble bien loin le temps de Vatican II, du nom de ce concile qui, sous Jean XXIII en 1962, ouvrit les fenêtres du Saint-Siège pour dépoussiérer les traditions, garantir une certaine liberté de culte, s'ouvrir à d'autres confessions ou religions... Pour beaucoup de catholiques aujourd'hui, "le rêve du pape Jean" tient d'une éphémère parenthèse enchantée. Leur Eglise, de peur de devenir insignifiante, s'est radicalisée. Mais elle s'est désormais rapprochée de Dieu pour s'éloigner de l'homme.
Christian Terras est auteur et rédacteur en chef de la revue chrétienne de gauche française Golias, dont le slogan rappelle la raison d'être en chrétienté: "empêcheur de croire en rond". Il s'inquiète de ce rapprochement entre le Vatican et ceux qu'il dénonce comme des "nostalgiques d'un Moyen Age où le pouvoir temporel ne peut exister que dans l'obéissance au pouvoir spirituel. Une théocratie à l'iranienne, en somme".
Que vous inspire la levée d'excommunication des quatre évêques lefebvristes?
Ça ne me surprend pas. Dès le lendemain de cette excommunication en 1988, le Vatican a entrepris des négociations avec les lefebvristes. Durant vingt ans, Jean-Paul II, blessé dans sa chair par cette rupture, puis Benoît XVI, sensible à la souffrance de son prédécesseur, n'ont cessé d'entretenir ce dialogue. Ceci dit, cette décision me révulse. Il est légitime qu'un pape ouvre à l'unité de l'Eglise. Mais il faut voir les conditions de cette réconciliation. Or, seule est demandée aux intégristes l'obéissance à Rome. La reconnaissance de Vatican II est passée à la trappe. En s'asseyant sur ce concile, Benoît XVI introduit au cour même de l'Eglise un schisme entre catholiques d'ouverture et intégristes. Parce qu'il rend prioritaire l'obéissance disciplinaire à l'obéissance à la vérité de la foi. C'est une situation gravissime.
Quel est le sens de la démarche de Benoît XVI?
Depuis son élection, on observe un mouvement de plus en plus fort: par ses décisions et ses prises de position, ce pape mène l'Eglise sur un chemin identitaire et intransigeant. Pour lui, la page du concile Vatican II est tournée. Face au monde moderne, le pape appelle au rassemblement de toutes les forces de l'Eglise pour mener la bataille de la reconquête catholique, quitte à n'être pas très regardant sur le fonds de commerce idéologique véhiculé par des gens qu'on rapatrie dans la boutique.
Comment jugez-vous cette stratégie?
Elle est suicidaire. Pour sauver 100.000 intégristes, le pape va perdre 10 à 20 fois plus de fidèles dans les trois ans à venir. La révolte des catholiques modérés ne se manifeste pas nécessairement au grand jour. Quand ils sont dans le désarroi, ils partent sur la pointe des pieds. Nous allons donc assister à une nouvelle hémorragie de ce qui reste comme forces évangéliques et missionnaires les plus vivantes au sein de l'Eglise. En conjurant le schisme avec les intégristes, le pape va en provoquer un autre, plus rampant mais beaucoup plus destructeur. Selon moi, Benoît XVI est tellement enferré dans sa logique qu'il n'est pas conscient de se tirer une balle dans le pied.
D'où lui viennent ses convictions?
Josef Ratzinger fut grand conseiller des évêques allemands qui, avec leurs homologues belges et français, ont conçu l'architecture théologique et pastorale de Vatican II. En 68, les événements qui ont secoué culturellement l'Occident se sont télescopés avec les conséquences des réformes du Concile. Il en a résulté une saignée incroyable de l'Eglise. En une dizaine d'années, 100.000 prêtres sont partis pour se marier. Ratzinger s'est alors senti coupable, en se considérant comme l'un des acteurs de la désintégration de l'Eglise.
Comment s'est-il "repenti"?
Dès les années 70, il a opéré un retour à 180 degrés vers des positions très traditionnelles. Ensuite, Jean-Paul II l'a appelé pour le seconder sur l'orthodoxie romaine (en 1981, Josef Ratzinger est devenu préfet de la C - NDLR). Tandis que le pape brillait sur les estrades pour faire croire à la modernité de l'Eglise, le cardinal Ratzinger a condamné pas moins de 1.000 théologiens en vingt ans. En privant la multinationale qu'est l'Eglise de son centre de recherche, il l'a appauvrie. Dès lors, s'est imposée une espèce de catéchisme mal digéré et l'Eglise s'est retournée vers le passé.
A vous écouter, Benoît XVI est le pape de l'intégrisme.
Il est très à droite de Dieu. Mais je ne veux pas le réduire au simplisme des positions intégristes. Je le crois plus subtil et intelligent que les ultras qu'il s'échine à ramener au bercail. Il n'empêche que son pontificat oriente l'Eglise sur un registre conservateur qui tourne le dos aux vraies questions de la modernité. Quand il aborde tous les enjeux éthiques centraux de notre société (la contraception, l'avortement, le préservatif et donc le sida, la procréation assistée, les soins palliatifs, l'euthanasie), Benoît XVI s'arc-boute sur l'intransigeance.
Concrètement, cela se traduit comment?
Le pape considère que l'Eglise doit exercer un lobby politique pour empêcher le vote de lois encadrant toutes ces évolutions sociétales. Ainsi, alors que la législation sur la bioéthique est sur le point d'être adoptée par l'Assemblée nationale française, le Vatican a lancé un mot d'ordre à ses évêques: approcher les ministres, députés et sénateurs catholiques pour faire barrage à ce texte et, de la sorte, éviter ce qu'il appelle "un choc de civilisation".
Comment Benoît XVI traite-t-il les progressistes?
Benoît XVI n'a de cesse que de les faire partir car ils recèlent moins d'importance à ses yeux. Les fidèles progressistes ont pourtant été très actifs dans l'Eglise jusque dans les années 80. Les prêtres les ont exhortés à s'engager dans le monde pour faire reculer le front de la misère, pour battre en brèche l'injustice, pour doper la démocratie et pour bâtir la solidarité avec les pays du Sud. Cet appel à l'engagement humanitaire, social et politique visait à faire fructifier le message de l'Evangile. Ils ont relevé le défi. C'est d'ailleurs grâce à eux que la gauche est revenue au pouvoir en 1981. Les catholiques, notamment ceux de l'ouest de la France, habitués à voter à droite, se sont déboutonnés en donnant leurs voix à Mitterrand. Quelle révolution culturelle pour l'Eglise!
Comment ont-ils pu alors se retrouver sur la touche?
Ces militants catholiques ont été trop naïfs dans la mise en ouvre de Vatican II. Mais ce n'est pas de leur faute. A leur retour dans les églises, à la faveur de leur expérience de terrain, ils ont posé des questions à la hauteur de leur engagement. L'Eglise leur a répondu: "Ne vous occupez pas de théologie, ce n'est pas de votre ressort. C'est Rome qui décide". Et là, ils se sont retrouvés écartelés entre, d'une part, une société démocratique et adulte et, d'autre part, une Eglise de monarchie absolue et d'infantilisation. Dès lors, ils n'ont pas cherché à changer l'Eglise. Ils l'ont désertée. En renonçant à instaurer un rapport de force à l'intérieur de l'Eglise, ils n'ont pas permis que celle-ci adopte des réformes pour sortir de ses ornières conservatrices.
Avec quelles conséquences?
Un désert ecclésial dans le champ social! La deuxième hémorragie de fidèles que l'Eglise a vécue à la fin des années 90 a été impressionnante. Aujourd'hui, la catastrophe est prégnante. Les statistiques sont parlantes: en France, la moyenne d'âge des prêtres en milieu rural est montée à 70 ans. Vu la crise des vocations, je conclus que dans dix ans, il n'y aura plus de curés dans 70 % des diocèses. De plus, avec les regroupements de paroisses, certains fidèles de province doivent effectuer 30 kilomètres pour assister à la messe. L'Eglise a donc perdu toute proximité avec le terrain social. Ce phénomène ne touche pas que la France. L'Espagne et l'Italie, pourtant à forte identité catholique, ainsi que l'Allemagne et la Belgique, sont tout autant concernées.
Vos constats sont pessimistes...
Je suis fondamentalement persuadé que le successeur de Benoît XVI prendra conscience du vrai défi de l'Eglise: avancer sur de nouvelles bases pour rétablir la confiance avec le peuple de Dieu. Contrairement à ce que Rome pense aujourd'hui, le monde n'est pas pourri. Les gens sont en quête de sens et de spiritualité. Mais ils veulent être intelligents dans leur foi et adultes dans leur adhésion. Ils veulent pouvoir prendre un texte d'Evangile, en décortiquer le sens, se l'approprier et pouvoir échanger avec les autres. Ils ne veulent plus se contenter d'être dépendants des lèvres du prêtre. Rome n'a pas mesuré que nombre de laïcs n'ont pas abonné la foi chrétienne en quittant l'Eglise. Ils continuent à la creuser dans des laboratoires discrets. Ce travail dérange les institutions ecclésiastiques, parce qu'elles n'ont pas compris que leur architecture dogmatique n'est plus crédible aujourd'hui.
Et si l'Eglise de Benoît XVI ne change pas de cap?
Elle ne réussira qu'à tracer les jalons pour devenir une grande secte.
Julien Bosseler et Jean-Laurent Van Lint
"Le Retour des intégristes", Christian Terras, Editions Golias, 197 p.
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29 réactions
FAYT
14-03-2009 14h17Comme tout chef d'entreprise, Dieu a souvent connu des problèmes de personnel, ce n'est pas la première fois que l'homme assis à la place de Saint Pierre pose problème. Etait-il raisonnable d'élire pour Pape un homme qui a été élevé dans les valeurs du nazisme, un ancien Hiltlerjugend ? Nous ne sommes par prêt de retrouver un Pape ayant la dimension de Jean Paul 1er. Alors, je suis Chrétien mais certainement plus catholique, la position du Vatican vis-à-vis de l'Evêque Brésilien a achevé de consommer le divorce !
Slash
10-02-2009 11h18Tout le monde sait pertinemment que les religions n'ont amené que guerre, intolérance, crimes, complots, hypocrisie et abrutissement. L' Islam en est un bel exemple mais la religion catholique n'est pas en reste. Après avoir été clairement du côté nazi pendant la seconde guerre mondiale, l'église remet le couvert. Décidément, nous n'apprendrons jamais.
Val
10-02-2009 10h48Pas besoin, ajjer2003 "Res ipsa loquitor": "Les faits parlent d'eux même". Encouragr l'aliénation et la discrimination, ça ne donne pas envie d'aller à l'église : un proche m'à demander un jour pourquoi, si je croyais en dieu, je n'assistais pas aux messes et ne me fesait pas convertir : le problème est là : juste sous vos yeux, si je le fait, quelqu'un va parler en mon nom, proclamant une doctrine qu'il dira issue de l'église et de la foi, mais en laquelle je serais en désaccord.
Si le pape dit ce que vous voulez entendre, c'est bon pour vous. Mais le message du pape et celui de l'église catholique n'est pas réellement un message d'amour, où alors un amour conditionnel qu'ils uttilisent pour manipuler ceux qui veulent être sauvés, où juste espérer.
ajjer2003
10-02-2009 07h31La plupart des gens qui critiquent le Saint-Père et l'Eglise ne vont jamais à la messe (même pas en français), confondent la Sainte Vierge avec le signe astrologique du même nom, ne savent pas la différence entre l'Ascenssion et l'Assomption, et n'ont aucune notion de théologie ni de doctrine, encore moins de droit canon,et ne connaissent rien à l'histoire de l'Eglise et n'ont jamais lu une seule ligne des Pères de l'Eglise.
Val
09-02-2009 21h13"Tous les jours, des croyants quittent l'églises et reviennent à dieu."
-Lenny Bruce.
Devillers
09-02-2009 11h51Je remercie Benoît XVI car, grâce à lui, je suis retourné du côté des évangiles.C'est alors, sans surprise, que j'ai relu avec plaisir les épisodes dans lesquels Jésus chasse les marchands du temple, traite les prêtres et les pharisiens de sépulchres blanchis ou encore quand, seul, un Samaritain soigne un homme abandonné et meurtri sur le bord d'un chemin alors qu'un prêtre et un lévi étaient passés feignant de ne pas le voir.Moi, j'aime ce Christ-là... Celui qui guérit le serviteur d'un centurion romain sans rien n'en attendre en retour, celui qui s'attaque aux injustes dignitaires de sa propre religion, celui, enfin, qui n'a fondé aucune religion nouvelle mais qui nous enseigna que Dieu est notre Père et que nous sommes tous ses enfants.Je veux croire encore et toujours que tous les humains sont frères et qu'en tant que tels nous avons les uns pour les autres des devoirs de fraternité. Si Dieu renvoyait, aujourd'hui, Jésus parmi nous, je ne suis pas sûr qu'il serait reconnu par B.XVI
Pierre Lheureux
08-02-2009 20h22D'abord, c'est "raisonner" et pas "résonner" qui n'est que renvoyer un son... Que l'on croit en Dieu ou non, ce papa (dans la continuité du précédent) est la négation même du message de Jésus Christ : tolérance, message de foi, amour du prochain... Ben XVI, tu n'as rien compris : tu n'es pas là pour imposer tes vues moralistes rétrogrades et inhumaines mais pour relayer le message des Evangiles qui a été bien avant l'heure (à l'époque du 'oeil pour oeil...' notamment), un discours très progressiste...
Christophe B.
08-02-2009 12h23Mon petit garçon m'a demandé, un jour: -Papa Dieu existe-t-il? -Qu'en penses-tu, toi? -S'il faut croire en quelque chose, je croirais plutôt aux dieux, le soleil la pluie etc... -Pourquoi? -Parce-que le soleil me réchauffe, la pluie donne à boire aux plantes etc... -Et pourquoi pas un Dieu seul? -Parce-que des enfants meurent de faim, c'est pas normal, c'est trop cruel... Je suis très fier de mon bonhomme de 8ans. Il résonne, lui... Il n'aura pas besoin d'un Papa pour me remplacer quand je ne serai plus là.
Christophe B.
08-02-2009 12h15Mon petit garçon m'a demandé, un jour: -Papa Dieu existe-t-il? -Qu'en penses-tu, toi? -S'il faut croire en quelque chose, je croirais plutôt aux dieux, le soleil la pluie etc... -Pourquoi? -Parce-que le soleil me réchauffe, la pluie donne à boire aux plantes etc... -Et pourquoi pas un Dieu seul? -Parce-que des enfants meurent de faim, c'est pas normal, c'est trop cruel... Je suis très fier de mon bonhomme de 8ans. Il résonne, lui... Il n'aura pas besoin d'un Papa pour me remplacer quand je ne serai plus là.
guapa
07-02-2009 21h46On devrait lui mettre un coussin péteur sur la tête...
WAGNEUR
07-02-2009 15h22Il est impossible qu'un gars comme lui croit en Dieu.Le seul dieu des ces gens est le pognon et aussi la politique.
yoyo
06-02-2009 09h05Il est vrai que Benoît XVI n'a pas le charisme de JP II. Mais n'oublions pas que Ratzinger, à l'époque, était le bras droit de JP II et dans ses dernières encycliques, on ressent le style du cardinal. Bien évidemment, la levée d'excommunication est fort perturbante pour les chrétiens, mais celle-ci plus particulièrement car rares sont les croyants qui agréent la décision papale. Il est évident que nos églises se vident mais ceux qui restent sont VRAIMENT croyants et non pas des gens qui viennent faire belle figure.
Mais ne nous voilons pas la face, Benoît XVI ne restera pas gravé dans les coeurs des croyants. Peut-être parce qu'il est simplement après JP II ... Car qui aurait été à la hauteur de ce pape qui a marqué le monde entier.
Il y a deux choses évidentes: le pape actuel est loin, très loin, d'être doué face au monde extérieur, monde justement qu'il ferait bien d'écouter pour prendre des décisions que monsieur et madame toutlemonde peuvent comprendre facilement!!!!!
albert
05-02-2009 20h00le pape remet de l'ordre dans cette église par la priére et et de
montrez son église chrétienne excite car un jour le monde sera dominer par les musulmans ne jamais
oublier sigle chrétien et la messe en latin a toujous étais dans notre vie une vrais tradition ,j'ai
65ans je n'ai pas a faire de critique sur le pape nous ne sommes plus au temps des borgia,il vaut mieux des moins de personnes dans nos église mais qui prie et pas faire du carnaval je soutiens
notre église l'extrême droit ce trouve dans iran hamas nous restons
dans nos traditions et dans notre pays
et la rtb est un parti rouge contre les chrétiens
merci
Léon
05-02-2009 16h41Les pires atrocités ont toujours été et sont encore aujourd'hui commises au nom de Dieu. S'il existe je crois qu'il ne reviendra plus, il aurait trop honte!
Pol Itologue
04-02-2009 18h19Au nom de la laïcité il y a eu des massacres bien pires (communisme, révolution française (égalité fraternité...) Une religion ne se juge pas aux hommes qui la "pratiquent" mais bien aux idées que ses textes fondateurs (Nouveau Testament) veulent promouvoir (aimez-vous les uns les autres) !
cucciniello
04-02-2009 17h46aujourd'hui tous le monde devrais étre assis à la gauche des dieux tous la même couleur pensée unique
zorro
04-02-2009 16h22L'Eglise est la plus grande secte du monde. Dieu est mort depuis longtemps Au nom de l'Eglise,il y a eu d'énormes massacres et éliminations de cultures dans le passé. Benoit aurait-il aussi un passé à se faire pardonner ?
ZUT
04-02-2009 15h14mon Dieu pardonne au pape il ne sait pas ce qu'il dit et il vous représente très mal Dieu sur terre
nicky
04-02-2009 15h12Après les "busheries", voici venir les "benoiteries". Politique et religion même arnaque ?
roger
04-02-2009 14h54on ne devrait plus preter attention aux declarations de tout les chefs religieux qui vivent tous avec des idées et des doctrines moyenageuses
Giacomel
04-02-2009 14h35Je ne vois pas le problème étant donné que toutes les sectes et religions sont d'extrême-droite...
alsacien
04-02-2009 13h13si le pape avait eté d'extreme gauche personne n'aurait rien a redire bande de faux cul .
Pierre
04-02-2009 12h11C'est des propos diffamatoire tout ce qui est dit n'est que mensonge et la presse s'en fait le relais dans quel monde on vit ...
le brasseur
04-02-2009 12h01pour Guapa: DIEU EXISTE!!!
guapa
03-02-2009 21h46"Si Dieu existait, il faudrait l'éliminer"...
Jean
03-02-2009 21h09Les religions ne sont que des systèmes de pouvoir non démocratiques fondés sur la peur existentielle de la mort, et qui paradoxalement poussent leurs fidèles à ne pas aimer la vie, quand elle ne les envoie pas tuer les autres au nom de leur dieu.
André
03-02-2009 21h08Il ne s'est pas débarrassé de son passé Hitlerjugend. Quelle catstrophe après le dernier pape!
patrick lorguet
03-02-2009 18h38s'il te plaît, ne nous fais pas passer pour des cons, je suis d'accord avec toi, mais surveille ton orthographe !
Patrick
03-02-2009 14h16lui il me fait plus peur que tous les imams intégristes du monde car il est bien infiltré chez nous, dans nos foyer et nos églises, il n'y a qu'à voir les milliers d'idiots qui se précipite pour aller entendre ses "bonnes paroles" ... Hallucinant , et dire que il y en a qui sont positif pour l'avenir, quand je vois tous ces jeunes catholiques abrutis par ce con, ca me laisse songeur quant à leur capacité de réflexion. Ils sont incapables de se forger leurs propres valeurs. Non il faut que un abruti leur disent quoi penser et à quoi adhérer comme conviction.
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Le geste laisse d'abord perplexe. Les "rapatriés" sont issus de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Parmi eux, Mgr Williamson, évêque britannique, s'est récemment distingué en niant publiquement l'existence des chambres à gaz: "Je crois qu'il n'y a pas eu de chambres à gaz (...) Je pense que 200.000 à 300.000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz". Ajoutant au malaise, le pape a attendu quatre jours pour réaffirmer, au lendemain du 64e anniversaire de la libération d'Auschwitz, que l'on ne saurait "oublier, nier ou redimensionner" la Shoah. Mais sans se prononcer clairement, toutefois, sur la future place d'un personnage comme Mgr Williamson au sein de l'Eglise. Quant à ce dernier, certes, il s'est récemment excusé... Pour les "souffrances" causées au pape Benoît XVI par ses "remarques imprudentes".
Mais que l'on ne s'y trompe pas, même quand elles ne nient pas les heures sombres du nazisme, les brebis égarées de la Fraternité Pie X sont bien les moutons noirs du catholicisme. Fondé en Suisse par l'évêque français Mgr Lefebvre, ce cercle ultra rassemble 150.000 membres dans une trentaine de pays, au sein d'une mouvance national-catholique qui adhère, voire collabore, aux visées de l'extrême droite politique. A l'origine, la Fraternité fut créée en 1970, au moment du départ en croisade de Mgr Lefebvre contre l'introduction de la messe en langue usuelle, au détriment du latin. L'évêque y voyait une atteinte à la tradition, dont il s'estimait être le dernier défenseur. En 1988, la rupture était consommée. En nommant les quatre évêques aujourd'hui réhabilités sans l'autorisation de Jean-Paul II, Mgr Lefebvre provoquait un schisme avec le Vatican.
Rome vaut bien une messe en latin
Vingt ans plus tard, voilà donc les lefebvristes accueillis à bras ouverts. Dans l'intervalle, les célébrations en latin ont également été remises au goût du jour par décision papale, en 2007. Pour préserver son unité, Rome vaut bien une messe. Sauf que l'enjeu, pour Mgr Levebvre à l'époque ou pour Benoît XVI aujourd'hui, porte bien au-delà d'une quelconque querelle de langue morte. Il s'agit de ressusciter la foi catholique, dans un monde que le Vatican perçoit comme de plus en plus éloigné de ses racines chrétiennes et en proie à l'avancée de l'islam. Les intégristes de Saint-Pie X ne seront pas de trop. Avec leurs 180 séminaristes actuellement en formation, ils semblent les seuls en mesure de colmater la fuite des vocations dont souffre l'Eglise en Occident.
Après la mort du très charismatique Jean-Paul II, le cardinal élu Josef Ratzinger fut présenté comme un "pape de transition". Mais Benoît XVI, plutôt que de maintenir la ligne de son prédécesseur, l'a durcie et a pris la tête d'une Reconquista en brandissant l'étendard d'un christianisme musclé. A Rome, cette nouvelle croisade s'est d'abord traduite par la mise au pas de toute dissidence progressiste au sein des autorités ecclésiastiques. Hors la cité vaticane, le nouveau pape a encouragé les incursions au-delà de la séparation entre l'Etat et l'Eglise, en enjoignant explicitement ses troupes à influencer la vie publique et politique.
Il semble bien loin le temps de Vatican II, du nom de ce concile qui, sous Jean XXIII en 1962, ouvrit les fenêtres du Saint-Siège pour dépoussiérer les traditions, garantir une certaine liberté de culte, s'ouvrir à d'autres confessions ou religions... Pour beaucoup de catholiques aujourd'hui, "le rêve du pape Jean" tient d'une éphémère parenthèse enchantée. Leur Eglise, de peur de devenir insignifiante, s'est radicalisée. Mais elle s'est désormais rapprochée de Dieu pour s'éloigner de l'homme.
Christian Terras est auteur et rédacteur en chef de la revue chrétienne de gauche française Golias, dont le slogan rappelle la raison d'être en chrétienté: "empêcheur de croire en rond". Il s'inquiète de ce rapprochement entre le Vatican et ceux qu'il dénonce comme des "nostalgiques d'un Moyen Age où le pouvoir temporel ne peut exister que dans l'obéissance au pouvoir spirituel. Une théocratie à l'iranienne, en somme".
Que vous inspire la levée d'excommunication des quatre évêques lefebvristes?
Ça ne me surprend pas. Dès le lendemain de cette excommunication en 1988, le Vatican a entrepris des négociations avec les lefebvristes. Durant vingt ans, Jean-Paul II, blessé dans sa chair par cette rupture, puis Benoît XVI, sensible à la souffrance de son prédécesseur, n'ont cessé d'entretenir ce dialogue. Ceci dit, cette décision me révulse. Il est légitime qu'un pape ouvre à l'unité de l'Eglise. Mais il faut voir les conditions de cette réconciliation. Or, seule est demandée aux intégristes l'obéissance à Rome. La reconnaissance de Vatican II est passée à la trappe. En s'asseyant sur ce concile, Benoît XVI introduit au cour même de l'Eglise un schisme entre catholiques d'ouverture et intégristes. Parce qu'il rend prioritaire l'obéissance disciplinaire à l'obéissance à la vérité de la foi. C'est une situation gravissime.
Quel est le sens de la démarche de Benoît XVI?
Depuis son élection, on observe un mouvement de plus en plus fort: par ses décisions et ses prises de position, ce pape mène l'Eglise sur un chemin identitaire et intransigeant. Pour lui, la page du concile Vatican II est tournée. Face au monde moderne, le pape appelle au rassemblement de toutes les forces de l'Eglise pour mener la bataille de la reconquête catholique, quitte à n'être pas très regardant sur le fonds de commerce idéologique véhiculé par des gens qu'on rapatrie dans la boutique.
Comment jugez-vous cette stratégie?
Elle est suicidaire. Pour sauver 100.000 intégristes, le pape va perdre 10 à 20 fois plus de fidèles dans les trois ans à venir. La révolte des catholiques modérés ne se manifeste pas nécessairement au grand jour. Quand ils sont dans le désarroi, ils partent sur la pointe des pieds. Nous allons donc assister à une nouvelle hémorragie de ce qui reste comme forces évangéliques et missionnaires les plus vivantes au sein de l'Eglise. En conjurant le schisme avec les intégristes, le pape va en provoquer un autre, plus rampant mais beaucoup plus destructeur. Selon moi, Benoît XVI est tellement enferré dans sa logique qu'il n'est pas conscient de se tirer une balle dans le pied.
D'où lui viennent ses convictions?
Josef Ratzinger fut grand conseiller des évêques allemands qui, avec leurs homologues belges et français, ont conçu l'architecture théologique et pastorale de Vatican II. En 68, les événements qui ont secoué culturellement l'Occident se sont télescopés avec les conséquences des réformes du Concile. Il en a résulté une saignée incroyable de l'Eglise. En une dizaine d'années, 100.000 prêtres sont partis pour se marier. Ratzinger s'est alors senti coupable, en se considérant comme l'un des acteurs de la désintégration de l'Eglise.
Comment s'est-il "repenti"?
Dès les années 70, il a opéré un retour à 180 degrés vers des positions très traditionnelles. Ensuite, Jean-Paul II l'a appelé pour le seconder sur l'orthodoxie romaine (en 1981, Josef Ratzinger est devenu préfet de la C - NDLR). Tandis que le pape brillait sur les estrades pour faire croire à la modernité de l'Eglise, le cardinal Ratzinger a condamné pas moins de 1.000 théologiens en vingt ans. En privant la multinationale qu'est l'Eglise de son centre de recherche, il l'a appauvrie. Dès lors, s'est imposée une espèce de catéchisme mal digéré et l'Eglise s'est retournée vers le passé.
A vous écouter, Benoît XVI est le pape de l'intégrisme.
Il est très à droite de Dieu. Mais je ne veux pas le réduire au simplisme des positions intégristes. Je le crois plus subtil et intelligent que les ultras qu'il s'échine à ramener au bercail. Il n'empêche que son pontificat oriente l'Eglise sur un registre conservateur qui tourne le dos aux vraies questions de la modernité. Quand il aborde tous les enjeux éthiques centraux de notre société (la contraception, l'avortement, le préservatif et donc le sida, la procréation assistée, les soins palliatifs, l'euthanasie), Benoît XVI s'arc-boute sur l'intransigeance.
Concrètement, cela se traduit comment?
Le pape considère que l'Eglise doit exercer un lobby politique pour empêcher le vote de lois encadrant toutes ces évolutions sociétales. Ainsi, alors que la législation sur la bioéthique est sur le point d'être adoptée par l'Assemblée nationale française, le Vatican a lancé un mot d'ordre à ses évêques: approcher les ministres, députés et sénateurs catholiques pour faire barrage à ce texte et, de la sorte, éviter ce qu'il appelle "un choc de civilisation".
Comment Benoît XVI traite-t-il les progressistes?
Benoît XVI n'a de cesse que de les faire partir car ils recèlent moins d'importance à ses yeux. Les fidèles progressistes ont pourtant été très actifs dans l'Eglise jusque dans les années 80. Les prêtres les ont exhortés à s'engager dans le monde pour faire reculer le front de la misère, pour battre en brèche l'injustice, pour doper la démocratie et pour bâtir la solidarité avec les pays du Sud. Cet appel à l'engagement humanitaire, social et politique visait à faire fructifier le message de l'Evangile. Ils ont relevé le défi. C'est d'ailleurs grâce à eux que la gauche est revenue au pouvoir en 1981. Les catholiques, notamment ceux de l'ouest de la France, habitués à voter à droite, se sont déboutonnés en donnant leurs voix à Mitterrand. Quelle révolution culturelle pour l'Eglise!
Comment ont-ils pu alors se retrouver sur la touche?
Ces militants catholiques ont été trop naïfs dans la mise en ouvre de Vatican II. Mais ce n'est pas de leur faute. A leur retour dans les églises, à la faveur de leur expérience de terrain, ils ont posé des questions à la hauteur de leur engagement. L'Eglise leur a répondu: "Ne vous occupez pas de théologie, ce n'est pas de votre ressort. C'est Rome qui décide". Et là, ils se sont retrouvés écartelés entre, d'une part, une société démocratique et adulte et, d'autre part, une Eglise de monarchie absolue et d'infantilisation. Dès lors, ils n'ont pas cherché à changer l'Eglise. Ils l'ont désertée. En renonçant à instaurer un rapport de force à l'intérieur de l'Eglise, ils n'ont pas permis que celle-ci adopte des réformes pour sortir de ses ornières conservatrices.
Avec quelles conséquences?
Un désert ecclésial dans le champ social! La deuxième hémorragie de fidèles que l'Eglise a vécue à la fin des années 90 a été impressionnante. Aujourd'hui, la catastrophe est prégnante. Les statistiques sont parlantes: en France, la moyenne d'âge des prêtres en milieu rural est montée à 70 ans. Vu la crise des vocations, je conclus que dans dix ans, il n'y aura plus de curés dans 70 % des diocèses. De plus, avec les regroupements de paroisses, certains fidèles de province doivent effectuer 30 kilomètres pour assister à la messe. L'Eglise a donc perdu toute proximité avec le terrain social. Ce phénomène ne touche pas que la France. L'Espagne et l'Italie, pourtant à forte identité catholique, ainsi que l'Allemagne et la Belgique, sont tout autant concernées.
Vos constats sont pessimistes...
Je suis fondamentalement persuadé que le successeur de Benoît XVI prendra conscience du vrai défi de l'Eglise: avancer sur de nouvelles bases pour rétablir la confiance avec le peuple de Dieu. Contrairement à ce que Rome pense aujourd'hui, le monde n'est pas pourri. Les gens sont en quête de sens et de spiritualité. Mais ils veulent être intelligents dans leur foi et adultes dans leur adhésion. Ils veulent pouvoir prendre un texte d'Evangile, en décortiquer le sens, se l'approprier et pouvoir échanger avec les autres. Ils ne veulent plus se contenter d'être dépendants des lèvres du prêtre. Rome n'a pas mesuré que nombre de laïcs n'ont pas abonné la foi chrétienne en quittant l'Eglise. Ils continuent à la creuser dans des laboratoires discrets. Ce travail dérange les institutions ecclésiastiques, parce qu'elles n'ont pas compris que leur architecture dogmatique n'est plus crédible aujourd'hui.
Et si l'Eglise de Benoît XVI ne change pas de cap?
Elle ne réussira qu'à tracer les jalons pour devenir une grande secte.
Julien Bosseler et Jean-Laurent Van Lint
"Le Retour des intégristes", Christian Terras, Editions Golias, 197 p.
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